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La RdRD dans les CAARUD : recommandations et bonnes pratiques professionnelles

Recommandations

Article:
5.3 Médiation sociale / acceptabilité des dispositifs

Haute Autorité de Santé - ANESM

Depuis la création des dispositifs en 2005, un changement de paradigme s’est opéré dans le domaine de la prévention et du soin en addictologie, qui s’est notamment traduit par le développement de réponses complémentaires aux stratégies de sevrage ou de substitution jusque-là exclusivement proposées. Ces recommandations identifient les bonnes pratiques professionnelles concourant à :

– la prévention des risques et la réduction des dommages sanitaires et sociaux afin de préserver ou d’améliorer l’état de santé et les conditions de vie des personnes usagères de drogues ;

– le recours à l’expertise et la participation des personnes usagères de drogues dans la construction des interventions et des parcours d’accompagnement proposés par le CAARUD ;

– l’implantation du CAARUD dans son territoire d’intervention et le développement d’un environnement partenarial facilitateur.

MÉDIATION SOCIALE / ACCEPTABILITÉ DES DISPOSITIFS

La médiation sociale, « en vue de s’assurer une bonne intégration dans le quartier et de prévenir les nuisances liées à l’usage de drogues168 », fait partie intégrante des missions des CAARUD. Le référentiel national des actions de réduction des risques précise que « les habitants des quartiers et les élus qui les représentent doivent être associés à ces activités en étant informés des principes qui les guident, de leurs modalités et de leurs résultats, afin de favoriser leur implantation et d’intégrer la réduction des nuisances et des tensions à leurs objectifs(169) ».

En effet, la politique de réduction des risques et des dommages est souvent méconnue du grand public. L’illégalité des produits stupéfiants, le regard porté sur les personnes usagères de drogues et les nuisances occasionnées par l’usage viennent parfois compliquer l’acceptabilité sociale et ainsi l’implantation ou le bon fonctionnement des dispositifs de réduction des risques. Les représentations et l’expérimentation personnelles de la consommation de drogues, le milieu social d’appartenance et la proximité géographique d’un dispositif de réduction des risques constituent des facteurs influençant l’acceptation de celui-ci par les habitants(170). Pourtant, les évaluations disponibles montrent que la présence de lieux de réduction des risques et des dommages a des effets positifs sur la tranquillité publique(171).

Au-delà des enjeux de tolérance et d’acceptation des dispositifs par les habitants, la démarche de médiation vise également la reconnaissance, par les professionnels des secteurs sanitaires et sociaux et les institutions (élus, forces de l’ordre, etc.), de la légitimité des interventions de réduction des risques. A cet égard, l’existence d’un partenariat effectif et efficace avec les forces de l’ordre contribue à la lisibilité et à la cohérence, au niveau local, des politiques de sécurité et de santé publiques(172).

Ainsi, le succès de l’implantation et de l’ancrage des dispositifs dépend de la qualité du soutien institutionnel et partenarial et de la démarche de médiation auprès des habitants(173) (prévention et gestion des nuisances et des plaintes). La stratégie doit être adaptée au contexte local(174), initiée le cas échéant en amont de l’ouverture et s’inscrire dans la longueur.

ENJEUX ET EFFETS ATTENDUS :

  • l’intégration dans leur environnement des lieux et des interventions de réduction des risques et des dommages ;
  • la reconnaissance de la légitimité et des apports de la réduction des risques et des dommages par les acteurs locaux ;
  • la réponse aux préoccupations des acteurs locaux ;
  • la construction d’un soutien partenarial et institutionnel à l’intervention du

[168] Article R3121-33-1 du Code de la santé publique

[169] Annexe 31-2 du Code de la santé publique

[170] INSERM. Accessibilité et acceptabilité des actions de réduction des risques (chapitre 16). In : Réduction des risques infectieux chez
les usagers de drogues. op. cit. pp. 273-288.

[171] LE NAOUR, G. HAMANT, C. CHAMARD-COQUAZ, N. Faire accepter les lieux de réduction des risques: un enjeu quotidien.
Lyon: Centre d’Etude et de Recherche sur les Pratiques et l’Espace, CERPE, 2014. 99 p.

[172] « Les acteurs (…) comme les personnes auxquelles s’adressent les activités [de réduction des risques] doivent être protégés des incriminations d’usage ou d’incitation à l’usage au cours de ces interventions. Les services en charge de la répression du trafic et de l’usage
de stupéfiants doivent pouvoir clairement reconnaître les acteurs et les activités relevant de la réduction des risques. » – Référentiel
national des actions de réduction des risques, Annexe 31-2 du code de la santé publique.

[173] RACINE, P. GRÉGOIRE, L. Facteurs de réussite de l’implantation d’un programme de services à bas seuil. Revue de littérature.
Beauport, Québec : Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de la Capitale nationale,
Direction régionale de santé publique, 2005. 26 p.

[174] BENEC’H LE ROUX, P. L’implantation des programmes d’échanges de seringues: entre acceptabilité et accessibilité. Guyancourt:
CESDIP, 2001. 170 p

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